Une histoire de l'informatique en Suisse

  Presse informatique    Années 1974 et 1975

Hermès Précisa : de la boîte à musique à l'ordinateur de bureau

01 Informatique No. 311 (2 décembre 1974)

Hermès Précisa International SA, qui vient d'abandonner l'ancienne dénomination « Paillard », annonce qu'elle réalisera en 1974 une augmentation du chiffre d'affaires d'environ 18 % par rapport à l'an passé.

La firme suisse qui, à sa création dans le Jura en 1814, fabriquait des boîtes à musique et des mouvements d'horlogerie, a connu un essor particulièrement remarquable dans les années 1930 avec la fabrication des premières machines à écrire plates Hermès dont elle eut l'exclusivité pendant 15 ans. Dès 1956, Hermès-Paillard s'oriente vers la fabrication de machines d'organisation et sort ses premières machines comptables en 1962. Dix ans après, la société aborde enfin l'informatique avec son premier ordinateur de bureau, le système 210, conçu pour résoudre les problèmes de gestion, d'administration, de facturation et de comptabilité. En 1973, sort le modèle F5, plus spécialement destiné aux travaux de facturation et de comptabilité financière. A la foire de Hanovre, en avril prochain, Hermès présentera un nouveau modèle, le système 211 qui offre des améliorations importantes par rapport au système 210. Comme le 210, il a une mémoire centrale de 2 à 10 K, mais il est doté d'une imprimante plus rapide, le modèle 600 (60 caractères à la seconde) avec double introducteur frontal et double tracteur. L'originalité du 211 réside surtout dans l'adjonction d'une mémoire de masse auxiliaire sur double disquette IBM (250 000 octets par disquette). L'utilisation des disquettes offre ainsi, outre une augmentation des performances (taille mémoire, vitesse d'accès, maniabilité du support) la possibilité de traiter les informations qui y sont contenues sur les matériels IBM.

Hermès est aujourd'hui une entreprise qui regroupe 5 000 personnes dont 2 500 sur le territoire suisse. Ses produits sont fabriqués soit en Suisse, dans les usines d'Yverdon, de Zurich et Sainte-Croix (Jura), soit à l'étranger, Brésil et Roumanie. L'usine française de Beaucourt a été cédée, l'an dernier, à un groupe français. Les salaires y étaient trop élevés. Si la production des machines à écrire s'oriente en partie vers la Roumanie, parce que les coûts de production y sont moins élevés, en revanche c'est à Yverdon que sont fabriquées les machines plus sophistiquées, facturières, machines comptables et ordinateurs de bureau.

Le département système, qui représente environ 30% de l'activité totale d'Hermès, a vendu depuis 1962 plus de 10 000 systèmes dont 500 F5 et 500 systèmes 210. Le 210 coûte entre 40 et 70 000 FS, le 211 sera vendu, dans la configuration avec disquettes, entre 70 et 100 000 FS.

Paradoxalement, le marché suisse représente un faible pourcentage de l'activité commerciale de la firme, moins de 15%. Nul n'est prophète en son pays. 85 % des systèmes sont ainsi soit vendus par l'intermédiaire des 8 filiales de vente étrangères, situées en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, au Danemark, aux Etats-Unis, en France (2 filiales, Japy et Hermès), et en Hollande, soit exportées directement dans 14 autres pays.

Il est curieux d'observer que les pays où Hermès enregistre ses meilleurs succès commerciaux, sont l'Italie, malgré la concurrence d'Olivetti, et l'Afrique du Sud, où Hermès est installée depuis plus de 40 ans.

A noter qu'Hermès commercialise en Suisse et à l'étranger ses imprimantes (modèles 400 et 600) à des distributeurs OEM.

Marielle Stamm